Que faire de tous ces riens ?

mai, 2008

paysage-ces-riens.jpgAtelier artistique décloisonné (du collège au BTS) du Lycée Fénelon, à Vaujours

Les élèves se pencheront sur le patrimoine naturel niché dans les interstices de la ville (friche, trottoir…), puis s’approprieront un moyen d’expression personnel pour restituer leurs observations (dessin, vidéo, photo, éventuellement réalisation d’un jardin d’1 m2, réel ou imaginaire…)

Du terrain à l’exposition,
une éducation (artistique) au patrimoine naturel


Des portes qui s’ouvrent…

mai, 2008

Plusieurs acteurs du blog se sont retrouvés ou rencontrés à l’occasion de la journée portes ouvertes du lycée du paysage et de l’environnement Fénelon: élèves, étudiants, profs, techniciens du Conseil général…

La démarche et les projets “Tables d’orientation“, “Lire la campagne“ et “Que faire de tous ces riens“ étaient exposés. “Au fil des saisons“ et “Arboretum urbain“ étaient représentés…

Lire la campagne

Que faire de tous ces riens

Tables d’orientation

Des échanges de tuyaux…

Nathalie, professeur de SVT à Noisy le grand discute avec les étudiants de BTS à Vaujours qui lui racontent leurs sorties “lire la campagne“ avec les scolaires. Elle décrit le jeu de reconnaissance des oiseaux à Gérald, maître d’école à Montreuil, qui lui donne une grille de lecture de paysage… Frank, prof d’Histoire Géographie de Vaujours explique comment les 4ème ont réinvesti le travail effectué sur le terrain lors de la sortie avec les BTS…

Astuce pour faire dessiner les lignes de force d’un paysage aux enfants, qui sont souvent trop attachés aux détails, projeter sur le tableau blanc les photos des paysages, floues, et délimiter au feutre les masses de différentes couleurs. En réglant la netteté on voit apparaître les arbres pour la forêt, les maisons pour les zones urbanisées… mais lorsqu’on éteint le projecteur les grandes lignes sont au tableau. Les élèves peuvent les reproduire, puis les remplir… ou agrandir leurs croquis de terrain et les “colorier“ en collant divers végétaux; ajouter ce qu’ils (re)connaissent…

Jeu pour apprendre à regarder et reconnaître les oiseaux en classe, deux enfants se mettent dos à dos, un enfant regarde une image d’oiseau (directement ou au loin à travers des jumelles) et la décrit en détail à l’autre qui cherche entre plusieurs reproductions duquel il s’agit. Cela pousse à avoir le souci du détail et ils mémorisent tout…

… à la pluridisciplinarité enthousiaste

Toute l’équipe d’enseignants multiplie les projets pluridisciplinaires ou en atelier.
Intéresser les élèves, les surpendre, provoquer…
Anglais et math ? Pas de problème, travail de traduction, d’un texte sur un plan de jardin anglais, conversion des mesures pour l’adapter à la France…
Projet autour des légumes, Technique et Histoire-géo? D’où les différents légumes sont venus, quand, pourquoi, comment… En français, la symbolique des végétaux… Les arts plastiques pour faire se poser des questions, un séchoir à pissenlit dans la classe ou une expo potées sur piédestaux, une épicerie de confitures d’information au CDI, une tonte de chemins dans les herbes folles ou une installation de pots multicolores dans la cour d’honneur…

«Ça nous force à aller chercher des infos, ça permet de faire des sorties.» «Ça nous motive, et les élèves sont différents en classe ou en pluri. Ils respirent!» «Ça devient une aventure collective.»
«Un projet c’est une autre façon de valoriser les élèves… de permettre à certains de nous étonner.»


Comment exposer les pissenlits aux regards?

avril, 2008

Quand on a un projet, il s’intègre à notre vie. Je les surveille, en pots sur le bord de la fenêtre…

On les prend en photo dehors… Les jeunes et les profs qui passent nous voient avec l’appareil photo, ils s’approchent, disent «c’est intéressant !», restent…

J’affiche les étapes dans la classe.


Quand j’ai 5 minutes, je cueille un pissenlit et je le fais sécher. Il n’y a pas un jour sans que l’on me demande ce que c’est. Les élèves sont déconcertés, donc ça éveille leur curiosité… «Madame, c’est quoi ? C’est beau!» c’est une manière de sensibiliser.
Certains les ont utilisés, pour un sujet réalisé en classe qui n’avait à priori pas de lien, comme éléments de leur mise en scène pour installer un volume dans un lieu et interroger la notion d’espace.

Ceux replantés après les vacances de février sont plus verts que les premiers…
Les premiers, je les avais rempotés avec du fumier et les tiges sont devenues plus rouges… peut-être que les copeaux de bois influent aussi sur la couleur… et puis, bien évidemment, ils se transforment, ils fanent…


Thomas (enseignant technique) m’a conseillé, pour pouvoir présenter les pissenlits à tous les stades pour les journées portes ouvertes en mai, de les mettre au réfrigérateur.

Pour les mettre en valeur, nous allons fabriquer des socles pour les potées, et nous avons commandé des cadres pour présenter les travaux des élèves.
S’il n’y en a plus en fleur en septembre, pour la biennale on fera peut-être une installation avec les secs sur de longues tiges en fer…

… et pour ceux qui veulent nous rencontrer avant septembre,
les portes ouvertes de Fénelon ont lieu samedi 17 mai!


Un bout de jardin voyageur…

avril, 2008

L’autre jour il y avait un drôle de programme à la télé dans “un jardin nomade“: en vedette un pissenlit.
Du coup on s’est dit que ça pourrait peut-être intéresser le groupe “Que faire de tous ces riens?“.

C’est comme ça qu’un bac quitte aujourd’hui le Blanc-Mesnil pour aller faire un tour du côté de Vaujours (autre commune du 93).

Au Blanc-Mesnil, Jean-Marie, un voisin avec vue plongeante sur le jardin nomade, ouvre sa fenêtre, pointe son nez pour discuter. Il crie «Au voleur!» pour blaguer, puis descend filer un coup de main pour charger le bac voyageur dans le coffre de la voiture.

A Vaujours, à l’arrivée, nouvelle ambiance… le bac va pour l’instant se ranger dans la pépinière entre les rangées de pots…

Une seconde vie… à suivre


Evolution du projet

février, 2008

j-ai-trouve.jpgOn a regardé le plantain, l’achillée sauvage, le pissenlit, la pimprenelle, les graminées… dans le tableau de Dürer, dans le parc du collège: chaque fleur…

On est allé les chercher jusqu’au bout du parc, ça donne le temps de se parler, ça établit une relation.

johnny-a-decouvert.jpgpeintures-dapres-durer.jpg

On a déraciné des fleurs dans l’herbe, avec une pelle. La boue, ça salit les chaussures.
La première fois, on était étonné de toucher les plantes… d’oser prendre, sentir
: c’est un plaisir!
Celle-là on dirait un pissenlit, mais elle a les feuilles douces, un peu poilues, avec des pois…
potee-hiver.jpg feuilles-pissenlit-hiver.jpg gp-feuille-a-pois.jpg

On les a plantées dans un pot. On est allé chercher un projecteur. On les a mises en scène!
pissenlit-cactus.jpg pot-pissenlit-peint.jpg pot-peint-coquelicot.jpg

On a fait du dessin d’observation, sur du papier de rien, du papier d’emballage, pour que ça participe au «presque rien»… On a effacé plutôt que déchirer la feuille, effacer, recommencer…
crosuis-pissenlit1.jpg croquis-pissenlit2.jpg croquis-pissenlit3.jpg

croquis-pissenlit4.jpg croquis-pissenlit5.jpg croquis-pissenlit6.jpg

feuille-grignote-couleur.jpg feuille-grignote-nb.jpg feuille-peinte.jpg

On a fait des photos, avec la notion de cadrage, de champs, de hors-champs, de profondeur… on s’est approché, éloigné, on est passé de la fleur au paysage!
pissenlit-fleur-paysage1.jpg pissenlit-fleur-paysage2.jpg pissenlit-fleur-paysage3.jpg

On envisage de faire une première exposition, à un endroit que tout le monde voit, derrière les vitres du self. Devant il y a un espace avec de l’herbe… et des pissenlits. Une présentation pour montrer, faire savoir, peut-être attirer d’autres participants, faire regarder peut-être autrement.
rue-peinte.jpg rue-peinte-zoom.jpg gros-plan-peinture-rue.jpg

Pour les faire changer de statut (les pissenlits), assoc-petits-riens.jpgon va réfléchir à une présentation de ces plantes dans un autre cadre, autre qu’habituellement naturelles dans un champs…
Nous les avons déjà mises dans un pot, éclairées… pourquoi pas un cadre doré, une pancarte décorée, les encadrer où elles poussent…
Plein de pistes à explorer!

Pourquoi pas un parcours pour les portes ouvertes le 17 mai…

On voudrait aussi apprendre des trucs sur ces «mauvaises herbes»:
article-mauvaises-herbes.jpg leurs vertus, des histoires même improbables, des recettes, si ailleurs elles sont rares… et recherchées (comme la fleur du phoenix, nous dit Quentin, qui guérit les blessures graves et l’inspire pour faire un magnifique oiseau de la Saint-Valentin)…

Pour avancer on a besoin d’en parler, d’échanger nos expériences, partager l’enthousiasme de la nouveauté et partir un peu plus loin, plus nombreux.