Lire la campagne

mai, 2008

lecture-paysage.jpgElèves de BTS du Lycée de l’Environnement et du Paysage Fénelon, à Vaujours

Dans le cadre du module “acteurs et paysages”,
un groupe d’étudiants prépare
une lecture du paysage
adaptée à de jeunes citadins
(4ème de Fénelon et CM1 de «Paysages au fil des saisons»)
pour partager une certaine façon de décrypter la campagne.

Offrir un autre regard
pour susciter une attention particulière…


Une journée “à la campagne” pour les CM1 de Montreuil

mai, 2008

En amont de la sortie, après avoir décidé ensemble du contenu, Séverine, Benjamin, Florent et Erwan se sont répartis le travail, pour faire les dépliants, les questionnaires, le power point, demander les autorisations de stationner le bus, d’utiliser les salles, de visiter la serre, d’offrir un plant de tomates à chaque enfant…

Le jour J, ils ont pris la responsabilité d’une classe à deux, accompagnés par les maîtres: «…en plus du côté pédagogique, ils sont excellents pour l’aspect sécurité…»

Au niveau timing, le parcours était très bien prévu, mais comme il s’est mis à pleuvoir, on a fini la balade sans avoir déjeuné dans le champ… «C’est pas grave, ça change…

Regarder autour et regarder tout prés

Les enfants énoncent, dans l’ordre, ce qu’ils repèrent:
Vache, maison, fils électriques, arbres, bancs, immeubles, champs, voitures, forêts…
Les fleurs, le moustique sur la capuche de Vincent, la petite araignée qui fait la morte, les chenilles ou les limaces font de la concurrence à la lecture de paysage. «Au moins ils s’intéressent vraiment à quelque chose.»
Les jumelles viennent à la rescousse pour regarder plus loin que le bout de son nez.

On découvre aussi avec ses papilles et ses oreilles…

REGARDER AUTOUR

Sur le coteau de Coubron, il y a plein d’arbres fruitiers, un noyer, des pommiers des anciens vergers… des vignes, plein sud…
Les arbres de plaine s’étalent pour être le plus au soleil, pas comme les arbres de forêt, serrés les uns contre les autres, qui montent pour trouver la lumière.

Tout au fond il y a de grands bâtiments, mais on est entouré de forêts.
«Il y a trop de maisons qui commencent à prendre sur les vaches.»
Pourquoi il y a une forêt?
Parce qu’il y a des fleurs rares ? des arbres rares? Non, Florent explique l’histoire des carrières

La rivière est sous terre. Par là, il y a des marches pour descendre la surveiller. «Comment on l’ouvre? Il y a sûrement un bouton…» «C’est Indiana Jones, pour trouver un secret…» On fait des frottis avec un crayon pour garder l’empreinte sur une feuille de papier.

Il y a un moulin dans le paysage, on le cherche, avec ou sans jumelles, puis les 2 tours, l’église… «Sur l’église, il n’y a pas de croix, il y a une boule et une girouette.»
Qu’est-ce qu’on pourrait chercher d’autre? Jouer à mon petit œil a vu…
Le château d’eau, les vaches… Un avion, on ne le voit pas, mais on l’entend…

REGARDER TOUT PRES

On cherche le nom des fleurs dans les livres:
dans les pages fleurs jaunes, on les reconnaît. Elles n’ont pas toujours le même nom, d’un livre à l’autre, sauf en latin.
A la fin de la balade, on va réaliser des dessins. «Vous pouvez prendre des échantillons, des fleurs et des feuilles que vous trouvez jolis. Il y a juste quelques espèces protégées, mais on vous préviendra.»
«A la campagne, ce n’est pas comme dans le parc, on a le droit de faire la cueillette.»
«J’ai ramassé cette herbe parce qu’elle est belle et j’en ai jamais vu des comme ça. Je suis allé à la campagne une fois: aujourd’hui.»



«Ma mère m’a appris à reconnaître les boutons d’or dans notre jardin.»
Nirushanth garde la feuille d’érable qu’Erwan nous a présentée.«C’est pas pareil toutes les feuilles!»
On cueille des roses d’églantier «… une seule pour que la plante garde sa beauté.»
«C’est un escargot? Et ça?» «Une limace, ils sont sortis parce qu’il pleut.» «J’aime pas les limaces, les escargots au moins ils ont une maison!» «Si on la met sur le dos, elle sait se retourner?»

On touche les écorces. «Le charme a le tronc lisse.»

LA NATURE BONNE OU MAUVAISE?

«Vous savez comment ça s’appelle ici?» «La campagne.»

C’est beau, mais ça peut être méchant.
«La chenille, je la garde, c’est ma copine.
»
«on dirait une belle demoiselle!» « Attention elle peut être urticante, ça peut te démanger…»

C’est bon, mais ça peut être toxique.
«On peut faire des beignets de fleurs d’acacia en les trempant dans la pâte à crêpes.» «C’est un arbre qui a des gousses, comme la vanille.» On a goûté les fleurs et aussi les petites pointes blanches des pétales de trèfles qui sont sucrés. On peut manger plein de choses dans la nature. Mais pas sans connaître, car ça peut être du poison, même de très belles fleurs! «Dans le livre, ils n’indiquent pas si les fleurs sont comestibles ou non, c’est dommage.»

Ça manque de confort: «J’ai envie d’aller aux toilettes, mais je veux pas aller derrière un arbre, j’ai peur des herbes, j’attends le lycée,»
«La cloche sonne, c’est midi ?» On a très faim.
«On ne va pas manger là, c’est mouillé!»
«Ah mon dieu, ça sent mauvais (champs), j’aime mieux les pots d’échappement que la nature.»

La nature, c’est inconnu
On entre dans le sous-bois, on chuchote et on lève les pieds. «Là, on ne sait pas où est la sortie.»
«On ne va pas en forêt, c’est pas évident quand tu ne connais pas.»
Dans la forêt, «ce qui est bien c’est quand on ne parle pas, c’est calme.» On fait deux minutes de silence. «On entend vraiment les bruits, les oiseaux et la pluie, et même pas de voitures. On est vraiment loin!»
«On a vu des faucons crécerelles, ils font un bruit aigu comme un chat et un pouillot véloce qui chante comme une horloge…» «On a vu l’orchie tachetée et plein d’autres choses…»

De retour au lycée

PIQUE-NIQUE EN CLASSE

«Enfin pouvoir faire pipi et s’asseoir!»
Ils se jettent sur leur pique-nique
puis nettoient la salle
et laissent des petits mots sur le tableau…

REMPLIR LE QUESTIONNAIRE ET DESSINER

Ils mettent leurs noms sur le questionnaire et le remplissent, individuellement ou par petits groupes, en discutant avec les étudiants de BTS pour se faire aider.

Puis ils dessinent ce qu’ils ont le plus apprécié dans la sortie.

VISITER LA SERRE

«Il fait chaud!» Le but d’une serre c’est de faire pousser les plantes plus vite.
Découvrir un autre univers…

les plantes suspendues avec des tuyaux noirs pour l’arrosage goutte à goutte, les fenêtres des toits en verre qui s’ouvrent pour refroidir l’atmosphère, les énormes tuyaux des radiateurs géants qui chauffent la serre de collection tropicale à 30°…

«Ça sent vraiment la plante, la terre. Un peu comme quand il pleuvait dans la forêt.»
la terre de bruyère en petits bouts de bois décomposés,
les petites pierres des chemins, faites par les volcans,

la fougère arborescente préhistorique «que mangeaient les dinosaures»,
les papyrus des égyptiens avec lesquels ils faisaient du papier,
les cactus «coussin de belle-mère» «J’aime bien les plantes lourdes (grasses) et celles qui ont des traits (bicolores).»
le petit pont, l’eau et le mur végétal qui ont beaucoup de succès,

les feuilles odorantes «Les géraniums citron ça sent trop bon!»
la serre potagère avec la ciboulette, les navets, les tuteurs… «Le radis, ça sent aussi.»
les plans de tomates,
le passage sous la glycine
et le terrain de foot…

Tout le monde est reparti, fatigué, mouillé et content!


Des portes qui s’ouvrent…

mai, 2008

Plusieurs acteurs du blog se sont retrouvés ou rencontrés à l’occasion de la journée portes ouvertes du lycée du paysage et de l’environnement Fénelon: élèves, étudiants, profs, techniciens du Conseil général…

La démarche et les projets “Tables d’orientation“, “Lire la campagne“ et “Que faire de tous ces riens“ étaient exposés. “Au fil des saisons“ et “Arboretum urbain“ étaient représentés…

Lire la campagne

Que faire de tous ces riens

Tables d’orientation

Des échanges de tuyaux…

Nathalie, professeur de SVT à Noisy le grand discute avec les étudiants de BTS à Vaujours qui lui racontent leurs sorties “lire la campagne“ avec les scolaires. Elle décrit le jeu de reconnaissance des oiseaux à Gérald, maître d’école à Montreuil, qui lui donne une grille de lecture de paysage… Frank, prof d’Histoire Géographie de Vaujours explique comment les 4ème ont réinvesti le travail effectué sur le terrain lors de la sortie avec les BTS…

Astuce pour faire dessiner les lignes de force d’un paysage aux enfants, qui sont souvent trop attachés aux détails, projeter sur le tableau blanc les photos des paysages, floues, et délimiter au feutre les masses de différentes couleurs. En réglant la netteté on voit apparaître les arbres pour la forêt, les maisons pour les zones urbanisées… mais lorsqu’on éteint le projecteur les grandes lignes sont au tableau. Les élèves peuvent les reproduire, puis les remplir… ou agrandir leurs croquis de terrain et les “colorier“ en collant divers végétaux; ajouter ce qu’ils (re)connaissent…

Jeu pour apprendre à regarder et reconnaître les oiseaux en classe, deux enfants se mettent dos à dos, un enfant regarde une image d’oiseau (directement ou au loin à travers des jumelles) et la décrit en détail à l’autre qui cherche entre plusieurs reproductions duquel il s’agit. Cela pousse à avoir le souci du détail et ils mémorisent tout…

… à la pluridisciplinarité enthousiaste

Toute l’équipe d’enseignants multiplie les projets pluridisciplinaires ou en atelier.
Intéresser les élèves, les surpendre, provoquer…
Anglais et math ? Pas de problème, travail de traduction, d’un texte sur un plan de jardin anglais, conversion des mesures pour l’adapter à la France…
Projet autour des légumes, Technique et Histoire-géo? D’où les différents légumes sont venus, quand, pourquoi, comment… En français, la symbolique des végétaux… Les arts plastiques pour faire se poser des questions, un séchoir à pissenlit dans la classe ou une expo potées sur piédestaux, une épicerie de confitures d’information au CDI, une tonte de chemins dans les herbes folles ou une installation de pots multicolores dans la cour d’honneur…

«Ça nous force à aller chercher des infos, ça permet de faire des sorties.» «Ça nous motive, et les élèves sont différents en classe ou en pluri. Ils respirent!» «Ça devient une aventure collective.»
«Un projet c’est une autre façon de valoriser les élèves… de permettre à certains de nous étonner.»


Savoir lire un paysage et transmettre…

avril, 2008

Quand les plus grands aident les plus jeunes.

Dans le cadre de l’interdisciplinarité, nous voulions que nos élèves de BTS en aménagement de l’espace puissent sensibiliser nos élèves de quatrième agricole à la lecture du paysage.

Cette intervention par des élèves de BTS avait plusieurs objectifs :

Le premier étant de sensibiliser les élèves de quatrième à la lecture du paysage, de les poser pour les amener à observer leur environnent quotidien qu’ils ne font que regarder d’une manière habituelle, rapide et passive.
Nous voulions qu’ils essayent de changer leur regard, qu’ils découvrent qu’un paysage à une histoire et donc nous parle
et n’est, somme toute, pas aussi banal qu’il en parait.

C’est ce qu’ont réalisé les BTS en commençant par une recherche, en classe, d’une définition du paysage. Puis ils ont aidé les élèves de quatrième à trouver un classement des différents types de paysage.

Les bases théoriques ayant été posées, les ainés ont emmené, sur le terrain, les 4ième . L’application pratique s’est passée sur la colline qui domine notre école. Ce site est intéressant car l’adret et l’ubac* offrent des vues très différentes (*l’adret versant exposé au soleil et l’ubac au nord). Les BTS ont laissé les élèves observer le paysage en leur faisant utiliser les théories apprises dans la salle de classe. Puis ils leur ont demandé de s’exprimer sur ce qu’ils observaient et enfin de dessiner. Ce travail c’est répété de l’autre côté de la colline avec en plus une comparaison entre les deux paysages observés. Les BTS ont aidés les 4ième à interpréter ce qu’ils voyaient et comprendre le paysage qui s’étendait devant eux.

Le deuxième objectif était d’augmenter la motivation de nos élèves de quatrième par le partage plus proche d’une passion, d’élèves à élèves. Nous voulions établir une relation avec le savoir différente que celle habituellement instituée entre élèves et enseignants.


Le troisième objectif était, pour les élèves de quatrième, d’essayer de changer leur image de soi. Les élèves de 4ième EA ont choisi cette filière bien souvent faute de mieux. Parmi les élèves de BTS, une était passée, comme eux, par la classe de quatrième et de troisième dans notre lycée du paysage. Elle a expliqué son parcours, son travail, les efforts qu’elle a faits et les joies qu’elle a eues pour arriver jusqu‘en BTS.

Enfin, pour les BTS ce fût un excellent exercice, de restitution de connaissances et d’application de ce qu’ils avaient appris.

La semaine suivante nous avons fait dessiner un paysage par nos élèves de quatrième. Le dessin terminé, ils ont sur une feuille, commenté ce qu’ils avaient observé. En général, ils ont marqué beaucoup de détails dans leur dessin et les commentaires étaient assez pertinents.

Les professeurs



Compte-rendu de la sortie avec les 4ème

avril, 2008

Pourquoi nous l’avons réalisé ?
Pour sensibiliser des jeunes qui sont déjà intéressés parce qu’ils sont eux-mêmes dans une filière horticole.
Pour leur montrer un lieu qui risque de disparaitre suite à l’urbanisation des villes.

Pour les préparer
Nous avons rencontré la classe de 4ème EA de Fénelon, pour leur présenter notre projet P.I.C. sur la découverte de la faune et la flore du Coteau sud de Coubron, à l’aide d’un power point.
Nous leur avons proposé une lecture de paysage simplifiée pour leur donner une base théorique avant de les emmener sur le terrain.
Après une brève présentation du groupe, nous leur avons exposé le projet avec ses objectifs et ses buts.

Comment s’est déroulée la sortie ?

La sortie a commencé aux environs de 14h30 (jusqu’à 17h00), nous avons tout d’abord visité le Coteau nord: panorama sur un milieu de plus en plus urbanisé (il n’y a pas de délimitations propres pour chaque ville, tout est compact), installation de grosses sociétés ainsi que de l’aéroport Charles De Gaulle.
La sortie s’est poursuivie sur le Coteau sud. Présentation de la faune et de la flore environnantes (prise de photos) et découverte de la rivière souterraine: la Dhuys (côté historique et côté paysager).

Nous avons réaliser une lecture de paysage simplifiée des Coteaux nord et sud, et montrer le contraste de ces deux milieux qui ne sont divisés que par une colline.

Cette lecture s’est construite par la mise en place d’activités ludo éducatives comme par exemple des dessins, des tableaux sur les différents Coteaux, et quelques rappels historiques des lieux (de la Dhuys, de la banlieue rouge, de l’agriculture, etc.).

Nous leur avons distribuer deux tableaux pour qu’ils rapportent leurs sensations, ce qu’il voient sur les deux Coteaux.
(Quelques termes utilisés par les élèves pour le Coteau nord :
maisons, autoroutes, forêts, cités, peu de paysage, peu de végétation, couleur : gris/bleu foncé, mal réparti, nette différence entre les deux Coteaux, pas de différences entre les plans, etc.
Quelques termes utilisés pour le Coteau sud :
gitans, arbres, champs, végétations abondantes, plus beau, très en pente, immeubles, vaches, zones pavillonnaires, etc.)

Nous leur avons expliqué les différentes étapes qui ont permis la préservation de la forêt et des dernières zones agricoles.
L’étalement urbain de la ville de Coubron commence à prendre le dessus sur la préservation des Coteaux.

Les élèves de 4ème EA ont été intéressés au début de la sortie mais ont très vite perdu leur concentration vers la fin de la visite à cause de la fatigue. La pluie n’a pas arrangée la situation !!! mais globalement l’expérience les à intéressés.

Les étudiants en BTS