Un jardin nomade… où les gens le poussent

juin, 2008

bac-roulette1.jpgInitiateurs : metteur en scène et scènographe de la Cie Le Vardaman, en résidence au Blanc-Mesnil
Suivi du projet par des relais à trouver (Scolaires, Maison pour tous, Amicale des locataires ?…)

Faire un geste, incertain, lancer un jardin dans le temps et l’espace, non fini et nomade (dans des caissons à roulettes)…
Dispositif artistique ouvert pour investir ponctuellement un terrain vague, lieu de passage, frontalier, entre HLM en démolition et nouveaux bâtiments.

Jardin à saisir : comment le traverser, s’y projeter, l’ordonner, s’en emparer, l’emprunter…


Il marche ce jardin nomade !

juin, 2008

(photos bientôt en ligne)

Donner et faire confiance

Un jardin et des gens qui deviennent autonome…

Michel Cerda, initiateur du projet «Ils ont voulu fermer, ce que, au départ, on n’avait pas voulu… et resserrer les bacs pour plus l’identifier.
Je suis content, c’est eux qui décident et c’est eux qui font!»

Les plantes changent de place. «On a repéré les pervenches qu’on avait plantées en pleine terre, le fraisier et le framboisier et ils ont été mis dans des cagettes…»
Certains bacs se sédentarisent, sans roue, posés sur des pierres.
« C’est marrant tous les coquelicots qui ont poussé autour. Ils nous avaient livré la terre de serre en camion, et on s’en ai servi au fur et à mesure pour les bacs… les graines ont dû arriver avec… » ça sert aussi pour remplir les jardinières.

Le voisin du rez-de-chaussée qui a déjà planté les piquets pour délimiter le jardin, a acheté un taille-haie «pour tailler les grandes herbes pour la fête, pour pouvoir faire le tour… et ce que je voulais faire c’est un chemin avec les bâches qui s’envolent et les fixer comme celles sur lesquelles j’ai tiré les bacs avec les sangles du camion.» Il a dessiné un plan du jardin au préalable.
«J’ai aussi cherché à me faire donner des draps pour que les enfants peignent des paysages pour décorer la palissade sans l’abîmer

Michel Cerda, «Nous on va garder un lien avec l’amicale des locataires mais repartir sur autre chose (atelier de peinture et d’écriture…). On va voir comment faire le lien avec des CM2 de l’école à côté qui travaille autour du jardin dans la cour et une parcelle allouée dans les jardins ouvriers, les amener ici ou leur amener des bacs…»

Les bacs de gazon sont tout secs, ils ont déjà une histoire.
Une petite fille qui a participé aux ateliers avec les classes de CP «On avait le droit de monter sur les bacs d’herbe, d’y marcher, de s’asseoir, de se coucher, c’était bien
Les paillassons de gazon sec laissent toujours cette possibilité (et n’ont pas été souillés comme les autres par les chats.) Les jeunes s’y installent pour dessiner, rempoter
Les bacs racontent ce qu’ils ont dans le ventre «J’écris que c’était des radis.»

Karima, animatrice des petits débrouillards, sort des bambous, du grillage, des feutres, des feuilles, de la ficelle, des jardinières, des pochettes pour jardins suspendus… donnent avec tous les outils beaucoup d’idées, d’enthousiasme d’écoute et d’énergie communicative
et les enfants s’emparent, choisisssent quoi faire, où et comment, proposent…

L’arrosoir magique ou l’eau précieuse

L’arrosoir de Karima est un cadeau qui vient d’Afrique. Chaque semaine un enfant l’emmène chez lui et vient arroser jusqu’au mercredi suivant.
On cherche à ramener des gros bidons pour récupérer l’eau de pluie.
Le voisin passe des seaux d’eau par la fenêtre du rez-de-chaussée. «Mes enfants viennent arroser, plutôt que courir ou se battre dans la cité, ça leur fait un endroit.»
«Il faudrait lui trouver un tuyau.»
Le Forum cherche un centre aéré qui voudrait bien suivre, arroser, le jardin nomade cet été

Derniers préparatifs avant la fête

Aujourd’hui on plante donc les bambous pour tendre des ficelles et mettre des pochettes qui serviront à faire un jardin suspendu (on verra comment ça résiste jusqu’à la fête…)
On tend du grillage contre la palissade pour accrocher les cartes postales.
Une équipe dessine tous les outils qui servent, les râteaux, les balais, les mains
On sème encore des graines, on replante des poivrons et des fleurs sauvages dans des jardinières.
«Les jardinières pour donner aux parents pour qu’ils les mettent aux fenêtres, parce qu’ils n’ont pas l’habitude…»

Chacun fait une invitation. «Je confie le scotch à Shaïma, vous les mettez dans vos allées
Pour mercredi prochain, vous en parlez à vos tatas… vous demandez à maman si elle peut faire un gâteau… ou vous pouvez en inventer un… ou un jus de fruits ou des fruits frais ou secs… (pour que les filles apprennent à manger sainement)
Si vous voulez vous pouvez venir à midi avec un pique-nique et on installera ensemble

Beaucoup d’enfants n’ont pas le droit de traverser pour aller jusqu’à la Maison Pour Tous, ils se joignent au groupe quand il traverse la cité pour venir au jardin nomade. Ils viennent s’ils ont envie, arrivent et repartent quand ils veulent… une trentaine sont là entre 14 et 16 heures, et quelques uns vont entre 16 et 17 à la Maison pour Tous pour finir les invitations. Il y a aussi des enfants de Villepinte et de Bondy qui font le trajet pour “être des petits débrouillards“… Ils se sentent libres de faire ce qu’ils veulent, dans la bonne humeur, l’enthousiasme et la confiance… ils ont envie de revenir et de montrer le jardin à toute la famille…
mercredi 18 juin à partir de 14 heures !


Un joyeux rebondissement…

mai, 2008

pour un lieu décidément plein de surprises !
Vendredi 23 mai, le site est un peu dévasté, le gazon devenu de la paille avec ces grosses chaleurs…
… et 5 jours plus tard, une fée est passée par là !

Jardin méconnaissable !

Mercredi 28 mai, Karima, l’animatrice enthousiaste des petits débrouillards est là avec une trentaine d’enfants. Ils ont nettoyé tous les bacs, plantés, le jardin est en train de se transformer en jardin potager!!!!
Un papa est venu modifier le site, le réduire pour en faire un petit jardin pour les enfants
Un groupe d’adolescents se forme autour de l’atelier afin d’égayer l’espace
Nous ne sommes pas au bout de nos surprises!
Karima raconte son projet :

Préparé tout l’hiver en secret…

Le jardin n’étant pas praticable en hiver, les enfants se sont intéressés aux plantes aromatiques et à leurs origines.
• Une plante, c’est quoi? Jeu sur les différentes parties de la plante.
• C’est quoi la différence entre une épice et une herbe aromatique? D’où sont originaires ces plantes? C’est quoi l’Orient et l’Occident et le Levant? Jeu «reconnaître les épices et les herbes»
• Que peut-on faire avec les plantes aromatiques? Fabrication d’encre, de diffuseur de parfum…
• Quand on mange un fruit ou un légume, quelle partie de la plante mange-t-on? Jeu avec les espèces plantées dans le jardin.

A la demande des enfants, un stage stylisme a été organisé pendant les vacances d’avril.
• C’est quoi le raphia, et la ficelle et la laine? origine animale ou végétale…
Comment se fabriquer un sac à main quand on n’a pas grand-chose?
Avec la malle brico-stylisme, les enfants utilisent des éléments de récupération pour réaliser des accessoires de mode originaux.

Et pour le papier recyclé, mâché? Un vieux journal, un papier de brouillon, de la farine, du liquide vaisselle, des épices et voila c’est tout!!!
• C’est quoi le papier mâché?
• C’est quoi le papier recyclé?
Comment on peut lui donner de la couleur? Et de l’odeur?

Régulièrement la Maison pour tous nous autorisait l’accès à « La Cuisine ».
• Le livre de recette: «Comment on fait une galette des rois? C’est quoi une tarte tatin? C’est quoi la différence entre des galettes et des crêpes? A quoi ça sert la fleur d’oranger, et la vanille?»
• J’ai déjà fait un gâteau, mais il ne me reste pas assez d’ingrédients pour refaire le même gâteau; si j’en inventais un ?
• Comment on peut faire pour que les pommes ne noircissent pas?
• C’est quoi le goût? Jeu sur la langue «acide, amer, sucré, salé».

… un printemps au jardin…

Nous allons utiliser ce qu’on a expérimenté cet hiver (récup, cuisine, déco) et aller plus loin…
• Décorer le jardin en exposant tout ce qui a été fait en hiver
• Entretenir le jardin avec les invités, jusqu’à la récolte, la dégustation…
Compléter le livre de recettes, possibles avec les espèces disponible dans le jardin nomade.
• Bricoler pour la nature, fabrication de pot de fleur en verre, en canette…Avec des gros matériaux de récup fabrication et décoration de mobilier de jardin.

Les jeunes taggent… les noms des plantes

Après avoir entretenu des rapports conflictuels avec un groupe d’adolescents pendant des mois, je leur propose de tagger les bacs en bois du Jardin Nomade afin que la cité entière puisse participer au concours ville fleurie organisée par la mairie de Blanc-Mesnil. Je leur explique qu’un artiste va passer dans l’après-midi et que j’ai besoin d’aide pour embellir le jardin sous peine de le voir disparaître. Je leur demande de me former une équipe d’élite.
Pour la première fois depuis septembre, les jeunes acceptent avec plaisir et s’investissent. Je leur fournis feutres et marqueurs. Les supports sont des feuilles de papier et les bacs en bois.
Pour la première fois, ils passent l’après-midi avec nous dans le jardin. Ils s’installent sur les bacs de pelouse. Ils font des croquis et me donnent une liste de matériel nécessaire à la réalisation de leur projet.
Un jeune «Madame, j’reviens, j’’vais chercher un pote à la sortie du collège, il s’y connaît en graff.»
Pour la première fois ils travaillent en équipe avec les plus petits (les ados ont toujours refusé de participer à l’atelier parce que le groupe est essentiellement constitué de filles du primaire) pour tagger sur les bacs le nom des espèces semées.
Pour la première fois ils aident un papa, qui lui aussi descend pour la première fois, à déplacer les bacs pour rendre le jardin plus accessible et moins dangereux pour les familles.
17H fin de l’atelier, un jeune: «Comment ça, on s’arrête déjà?»
«Mercredi prochain, même heure, même endroit, je m’occupe du matériel, vous vous occupez des idées.»

D’une idée farfelue à un rêve commun

Un avenir pour le jardin nomade !
Mercredi 18 juin à partir de 14 heures
goûter exposition dans le jardin,
et réalisation du graffitis géant «le jardin nomade»

avec tous les participants de l’atelier, les papas, les mamans, les frères, les sœurs, les cousins, les cousines, les tatas, les voisins… le forum et
avec vous si cela vous dit…

Pour passer le relais aux habitants de la cité Montillet.

Les enfants de l’atelier “petits débrouillards“ se sont appropriés ce terrain vague pour en faire un lieu vivant, convivial, accessible et esthétique. Malgré les problèmes rencontrés, ils n’ont jamais baissé les bras. Cette journée permettra à tous les acteurs de (re)découvrir cet endroit.

Cet espace étant ouvert sur la cité, il appartient à tous!

Préparation les 4 et 11 Juin
• affiche mystère annonçant l’inauguration (sous forme d’énigme, plusieurs pages pour comprendre, avec seulement «le jardin nomade, Mercredi 18 Juin 2008» qui revient.
• panneaux résumant le travail effectué dans l’année, cahier de recette sur les bac pelouse du jardin, embellissement du jardin (Graffitis, dessins, accessoiriser le lieu…)
… autant de surprises à découvrir le 18!


Un bout de jardin voyageur…

avril, 2008

L’autre jour il y avait un drôle de programme à la télé dans “un jardin nomade“: en vedette un pissenlit.
Du coup on s’est dit que ça pourrait peut-être intéresser le groupe “Que faire de tous ces riens?“.

C’est comme ça qu’un bac quitte aujourd’hui le Blanc-Mesnil pour aller faire un tour du côté de Vaujours (autre commune du 93).

Au Blanc-Mesnil, Jean-Marie, un voisin avec vue plongeante sur le jardin nomade, ouvre sa fenêtre, pointe son nez pour discuter. Il crie «Au voleur!» pour blaguer, puis descend filer un coup de main pour charger le bac voyageur dans le coffre de la voiture.

A Vaujours, à l’arrivée, nouvelle ambiance… le bac va pour l’instant se ranger dans la pépinière entre les rangées de pots…

Une seconde vie… à suivre


Début du printemps, fin de l’acte I

avril, 2008

Le jardin abandonné

Globalement c’est un petit désastre, mais en y regardant de près plein de petites choses apparaissent, ressortent…
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des œufs, différents d’une fois sur l’autre (cailles, pigeons)
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des plantes venues de nulle part,
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des apparitions plus ou moins naturelles,
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enracinées,
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noyées,
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les entrailles des bacs qui ressortent,
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couvertures, billes d’argile
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fleurs roses dans les herbes sèches,
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fleurs bleues qui se dressent,
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fleurs blanches qui retombent en cascade,
… autant de petites plantes qui partiront peut-être ailleurs,
en venant de là!

AVEC LES GENS DU QUARTIER,

pourquoi cela n’a pas bien fonctionné?

• Dans leur mémoire, ça n’a jamais été un endroit et donc ça ne l’est pas devenu, même pour passer…

«Ma fille de 8 ans était très contente de participer aux plantations. Elle regarde de la rue à chaque fois qu’on passe, mais on ne traverse pas. Personne ne passe par là, ils doivent avoir peur parce que ce n’est pas bien aménagé.» Famille du quartier

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Les dessins des enfants exposés sur une corde, se sont retrouvés en bouquet, par terre.

• Ils ont assimilés le projet uniquement au square qu’ils attendent…

nomade-jusque-travaux.jpg «Il y a eu un petit papier, mais on n’a jamais vu personne. Ils ne savaient pas qu’on pouvait y faire quelque chose. Tout le monde a bien compris que ça allait être un espace vert.
Ce qui les intéresse c’est du concret, ce qui va rester. Ils n’ont pas du tout de jeux dans la cité, ils attendent les jeux et c’est toutGroupe de mamans devant l’école maternelle en face

«Pour qu’on vienne, il faudrait un vrai truc joyeux, un petit chemin
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… de l’herbe et des bancs, des arbres autour, mignon et propre, comme là (de l’autre côté de l’immeuble)…» Groupes de jeunes de 16 ans
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• Une série de choses prévues n’a jamais eu lieu…
ou pas sur place!

Par exemple, le centre aéré a commencé à venir peindre les bacs, puis nous a dit «Oh oui, c’est bien. Maintenant on le fait chez nous.»
Les voisins, qui ni viennent pas surveillent à leur manière, ils leur disaient qu’ils n’avaient pas le droit de jardiner…

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On espérait que les gens plantent ou déplacent les bacs ailleurs, mais les gens ne se le sont pas approprié ou en pièces détachées.
Par exemple, quelqu’un est venu récupérer des roues après avoir demandé l’autorisation. On lui a dit oui, à condition de savoir ce qu’elles sont devenues, qu’il nous donne un retour, (un jardin peut bien devenir une boîte à outils…)
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Ce n’est pas très bien qu’il soit (re)devenu ce qu’il était avant…
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un terrain trop vague, abandonné aux intempéries

Pour l’acte II, on va modifier des choses…

«C’est un beau projet. Les gens n’ont pas pigés. Cela ne fonctionne pas s’il n’y a pas un relais, convaincu et convaincant… il faut faire du porte à porte, expliquer, accompagner les gens. Trouver sur qui s’appuyer…» La directrice de la Maison pour tous

C’est un projet à long terme, il faut que les partenaires le soient aussi, que l’on soit plus présent, peut-être avec un lieu de replis, une base repérable (avec eau et électricité pour être autonome), pouvoir recevoir des gens, organiser des animations, des expositions…
le suivre de plus près.

On apprend!

A suivre…