Friches… transformées

juin, 2008

friche-transformee.jpgAssociation Halage, encadrant et salariés “ouvriers du paysage”, préparant pour certains le CAP Agricole en travaux paysagers

De l’abandon à l’aménagement, du défrichage à l’entretien, des chantiers environnementaux sur des friches (communales, SNCF…).
Faire évoluer les sites (aspect paysager et naturel, corridor biologique, image…), valoriser le travail des personnes qui les transforment, transmettre la connaissance des lieux (vis à vis de l’extérieur, à l’équipe suivante…)

Entretenir les délaissés, percevoir la transformation


Les redoutables envahissantes !

juin, 2008

C’est un énorme talus très pentu, que nous avons trouvé à l’abandon. Le bas du talus servait de décharge sauvage, avec des carcasses de bus, une vieille grue, et une certaine quantité de déchets divers… Heureusement la ville de Nanterre nous a donné un coup de main pour l’évacuation des plus gros trucs.

Ici, on trouve à peu près toutes les plantes les plus redoutables: envahissantes, bien accrochées, moches. La clématite (clématis alba) par exemple, a colonisé toute la pente, avec ses grandes lianes grises et poussiéreuses. Au fil des années, ses racines et ses branches s’empilent pour former une masse informe, de surcroît bien ancrée dans le sol. Seules quelques orties virulentes arrivent à pousser à travers le maillage.
Nous arrachons tout ça, pour découvrir la Cité des Cloportes. Le sol est recouvert de ces petits crustacés… il faut penser à bien secouer les gants entre chaque usage!


Les plus beaux arbres sont libérés, et nous planterons des espèces locales pour couvrir le sol. La lutte contre la clématite continuera tant que nos plantations ne seront pas adultes.


La rue Jean Perrin dessert les berges de Seine, très prisées par les promeneurs à cette saison: déjà les premiers s’interrogent sur notre talus. “Revenez dans un an pour le pique-nique dans l’herbe verte!”


Visite de chantier, sur le terrain de l’humain!

juin, 2008

Vendredi 30 mai, les partenaires sont au rendez-vous (référents des missions locales, directeurs techniques des Espaces Verts et élus des villes, chargés de mission de la maison de l’emploi, ANPE, SNCF, Conseil Régional, Direction de l’Environnement, Direction du Travail des Hauts-de-Seine…)
La plupart ont d’ailleurs l’habitude de se réunir tous les 3 mois en comité de pilotage.

Ce n’est pas juste une visite de courtoisie, les invités sont très à l’écoute, posent des questions et donnent des conseils sur les aspects techniques comme sur le volet emploi et insertion.
L’équipe se présente, sans oublier de citer l’équipe précédente
«1 fille et 8 gars… depuis 1 à 6 mois.» «Tout se passe bien, il y a une bonne ambiance…»
Les formateurs présentent les modules… le dialogue est ouvert.
«Toutes les réalisations sont liées à un cours?» «Vous avez un atelier menuiserie?» «La terre sur le ballast…» «Et le compost…» «Pour recruter vous allez d’abord où?» «Quel est votre réseau?» «Les formateurs ont-ils eux aussi la possibilité de continuer à se former?» «… écouter les salariés, les parcours de vie, nous sortirait des rencontres institutionnelles…» …

L’action première suivie est bien la formation et non l’herbe coupée!
Cela offre une grande liberté d’action pour appréhender les gestes techniques avec la possibilité de faire de la création, d’expérimenter, avec quelques obligations contractuelles (tailler telle haie, débroussailler les voies…) qui permettent une approche du monde du travail.

Quelques réflexions sur le travail, saisies à la volée:

«Ma philosophie de la vie est que tout métier est important. Il n’y a pas de sot métier, il faut aimer ce qu’on fait, c’est de la valeur ajoutée…»
«Moi je préfère des espaces où l’on peut créer…»
«De travailler les espaces verts, on respire mieux; on a des idées propres dans la nature; ça donne vraiment envie de vivre la vie à plein temps.»
«… ça me plait, mais c’est pas avec 3 jours qu’on vit.»
«Pour moi c’est un travail comme un autre, pas trop pénible. Et j’aime bien travailler en équipe et pouvoir parler en même temps, blaguer…»…

Chaque chantier a ses spécificités
Nous visitons le potager, la rocaille et le talus. (voir l’article suivant sur la préparation des panneaux)
Pour exemple quelques autres projets suivis par Halage:
A Nanterre (Jean Perrin), prairie fleurie (préparation de la terre, semis.), verger (plantation, taille…), avec un emplacement aménagé sous les robiniers (pose de palissade, clôture, mobilier urbain…)
A Paris, chantier sur d’anciennes voies avec pour objectif de faire une passation pour qu’il devienne un jardin partagé. (article à venir)
Un autre chantier va démarrer à Champs sur Marne sur un terrain de l’OPHLM, (création de potager pédagogique, jardin partagé, parcours de santé…)

Déjà des idées pour la prochaine invitation
«On aurait pu convier les gens des bureaux pour favoriser l’échange et avoir leurs points de vue…»
«J’aimerais faire goûter ce qu’on fait pousser. La menthe, pouvoir offrir du thé…»
«On pourrait imaginer des balades sur des vélos sur les rails… trouver un poste à souder…»
à compléter…
et à refaire!


Montrer notre travail aux gens…

mai, 2008

Vendredi 30 mai, nous recevons: portes ouvertes de 14 heures à 16 heures puis inauguration du chantier avec invités, officiels…
Comment mettre en valeur notre travail?
Sous quelle forme
, fresque ou panneaux ?
Par quels thèmes, végétaux, techniques ou sites? Les plantes envahissantes ou dangereuses? Le tressage, la maçonnerie? La rocaille, le talus, le potager, la zone de fret?

On opte pour des panneaux, on définit 4 sites…
et chacun doit choisir sur lequel il veut travailler.


On sélectionne quelques photos prises au cours des chantiers.
montrer avant et après de façon imagée, «…mais nous on était pas encore là!»
Les anciens, Anne, Fabien et Laurent font le lien entre l’équipe précédente et celle d’aujourd’hui et s’appuient sur ce qui a été publié sur le blog, pour se rappeler.

Ça permet de mesurer ce qui a déjà était réalisé depuis que l’équipe a changée, la rocaille, la barrière vivante et l’allée pavée du potager…

On liste ce que l’on fait? On parle de ce que l’on aime?
«On commence à débroussailler, couper, enlever les souches, il y a du boulot. A Jean Perrin, c’est intéressant parce qu’il y a de bonnes surfaces

On décide d’écrire peu de textes car les gens ne prendront peut-être pas le temps de tout lire.

Laurent et Fabien place les photos autour du plan de la rocaille, Cyril dessine celui du potager… et demande à Isabelle de chercher des caricatures de jardiniers avec un bleu de travail et des gants qui dépassent, un râteau (pas de chapeau de paille ça fait campagne!) et pour faire un décor, une brouette… et puis des fonds pour les panneaux, pelouse pour contraster sous la rocaille, fleurs (comestibles? capucines…) pour le potager…
Joachim découpe, Vincent colle, Anne numérote les photos avant/après et les commentaires correspondants…
Les panneaux finissent tous par… l’entretien à venir!

On réfléchit comment organiser la visite, ce que l’on va pouvoir dire… Par où passer et ce qu’il faut recouper pour que ce soit praticable…


«Au niveau technique et les noms des fleurs je n’y connais rien. Je viens d’arriver.» On cherche les plantes dans le livre de reconnaissance. C’est pratique la tranche du livre a des rayures de couleurs, correspondant aux fleurs (jaunes, rouges, bleues…).
On décide de noter le nom des plantes sur place pour être rassuré si quelqu’un le demande, faire un petit dessin rapide avec le nom sur des étiquettes ou peut-être juste le nom à la craie sur un caillou…
On pourrait présenter les plantes envahissantes en les mettant en pot (Buddleias…) et/ou mettre un panneau sur ces plantes sur le tas sec arraché… ou en encadrer un petit sur le terrain comme ils ont fait pour les pissenlits.

Si on faisait ça avec chaque groupe, on verrait l’évolution des chantiers et des connaissances, ce serait un bon moyen de mesurer tout ce que l’on a réalisé et appris, et de le transmettre.
Les brouillons des 4 panneaux de base sont faits, on finira mercredi…

FAIRE VOIR

Sur le terrain, en cherchant où placer les panneaux, les uns et les autres font des réflexions pertinentes: «On devrait faire un aménagement devant l’endroit où ils font leur pause cigarette»
«La rocaille, ils ne la regardent pas, il faudrait faire un petit chemin avec un banc pour qu’ils voient et qu’ils viennent
«… les gens voient ce qui est moche, si c’est une décharge ils râlent, mais quand c’est bien ils ne font pas attention, ne disent jamais quand c’est beau.»
«Ils sont pressés, ils ne remarquent peut-être même pas. La rocaille, il faut leur montrer, par le panneau, ou peut-être mettre en plus une grosse bulle de BD qui dit rocaille…» «Je pense qu’il y a des gens qui ne savent pas ce que ça veut dire “rocaille“. Moi je ne connaissais pas ce mot.» «ou écrire “découvrez une autre nature“» «… ou faire un titre à l’entrée en mosaïque avec les cailloux de la voie ferrée…»

LA RECUPERATION OUVRE LES YEUX

Pour la rocaille, on a fait un talus artificiel. Pour les pierres, c’était compliqué pour bien les choisir, qu’elles soient originales, variées, ni de la même forme ni de la même taille, pour que ça ait l’air vraiment naturel. C’était physique aussi de les ramener. Les morceaux de bois on en a trouvé par hasard à ce moment là et on s’est dit pourquoi pas. Du coup on a mis des branches et des écorces choisies.

On a planté des plantes sauvages que l’on a arrachées ailleurs et gardées pour ça.
Avec les cailloux de la voie ferrée, on pourrait faire un atelier mosaïque
Le panneau sur la zone de fret, je vais l’encadrer avec les lianes que l’on a arrachées.

Pour le potager, les allées sont en pierres et pavés récupérés. Ca évite de marcher dans la boue et c’est plus sympathique, ça fait décoration, luxe
Les barrières “vivantes“ sont en branches de saules coupés, qui sont en train de reprendre, les premières feuilles apparaissent.

Ça va évoluer…


Talus et talus…

mars, 2008

… en regardant de plus près!

SUR UN DES TALUS,
L’OBJECTIF EST DE RECREER UN SOUS-BOIS

pour nous, techniquement:
en favorisant les espèces en place
que l’on désire voir se développer
pour les riverains:
en donnant un petit air «entretenu» par quelques tailles visibles…

sous-bois-ville-2.jpg talus-rueil-1.jpg sous-bois-ville.jpg
- On a commencé par débroussailler, enlever le lierre qui monte sur les arbres et ratisser tout ce qui est tombé.
- On a discuté pour savoir pourquoi garder tel arbre plutôt que tel autre, en demandant l’avis de chacun et en composant… par exemple, on a conservé des arbres morts parce qu’il y a des nids!
- On dirige les plantes qui étaient sur le sol, sur le grillage, c’est un travail de longue haleine.
talus-sacs-dechets.jpg arbre-mort-nid.jpg coupe-sous-bois.jpg

- On apprend à découvrir la nature. fruits-cotoneaster.jpg
Ça ce sont des baies (Cotonéaster) qu’un animal doit ingérer pour qu’elles puissent se ressemer…
d’ailleurs on a trouvé un hérisson… en le ratissant!

sous-bois-aligne.jpgLà, on voit que les robiniers, des pseudo acacias, avaient été plantés parce qu’ils sont bien alignéspoirier-lierre.jpg

Sur le trottoir derrière, les poiriers en fleurs ont une belle forme.

herbes-fluo.jpg- L’endroit où ils lavent les RER c’est un concentré des odeurs dans les tunnels…
mais du jus de train sort de belles graminées avec des couleurs presque fluos sur les coulures du RER. Quand on revient du talus, on fait attention de ne pas marcher dessus, c’est un microcosme.

- C’est le genre d’endroit que je n’aimais pas, mais ça a un côté magique, un sous-bois, là, entre les rails et les bureaux, c’est délirant!

SUR LA ZONE DE RAILS, LA PROFUSION DE BUDDLEIAS
aurait été sympa à mettre à profit
.
Ce que l’on aurait aimé faire, c’est les laisser pousser et tailler dedans pour faire une création. Mais ils font partie des espèces nuisibles, il faut déclarer qu’il y a une invasion et le propriétaire est tenu de les contrôler.
Ici, le sol leur plait, typique, bien sec, plein soleil. Dans un sol riche, ils se reproduisent moins.

milliers-buddleias.jpg terre-a-buddleias.jpg arrachage-petit-buddleia.jpg
Pour s’en débarrasser, il était donc prévu sur la zone de friche deux fauches par an à la débroussailleuse. Mais ce n’est pas assez efficace alors on les arrache. Quand ils sont trop petits, sur 3 hectares, ça fait je ne sais pas combien de milliers, alors on attend qu’ils poussent un peu, c’est plus facile pour qu’ils ne cassent pas, il y en a un peu moins car ils s’étouffent les uns les autres et surtout on voit la différence quand on travaille!

- La petite ceinture, à Paris, c’est un endroit qu’on laisserait bien à l’abandon car ça a du charme, mais ici c’est moche alors on se dit qu’il faut faire quelque chose.
survivant-friche.jpg - Moi, je pense qu’il faudra repasser dans 6 mois.

- On s’est mis d’accord pour garder un souvenir de la friche et c’est cet arbuste: le survivant. Avec ses épines, il est drôle, avec un petit côté défensif… On se contente de peu sur un site comme ça.

SUR L’AUTRE TALUS,
ON A FAIT DE L’AMENAGEMENT

C’était pas mal aussi d’apprendre la technique de maintien de talus…
terrassement-talus.jpg equipe-tresse-saule.jpg recul-talus.jpg
On a mesuré le talus en longueur, on a essayé de prendre en compte toute la profondeur, que ce soit réparti mais en même temps que ce ne soit pas régulier, pas trop carré, pour que ça fasse naturel.
On a calculé le branchage de saule à tresser qu’il fallait, le nombre de pieux. On a griffonné un dessin… et on l’a fait sur le terrain.
On prenait du recul en s’éloignant pour regarder, se rendre compte de ce qui faisait bien… On a fait des tranchées de 50 cm…
On pourrait faire des terrasses aussi comme ça pour planter…
c’est être un peu paysagiste.

Et puis on a avancé aussi le potager.

ficelle-allee-potager.jpgsachet-chou-fleur.jpgOn l’a divisé en 4, les ficelles délimitent les allées pour pouvoir marcher. Sur un des carrés on a semé 4 sortes de choux (Bruxelles, fleur, brocolis, Romanesco) et je ne sais plus quoi, mais on a mis les sachets comme étiquettes…